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La vidéo est un enregistrement électronique d’images et de sons s’enchaînant de façon homogène et sans divisions. Elle peut être en direct, réalisée à l’aide d’une caméra qui enregistre et d’un moniteur qui en fait une lecture simultanée; elle peut également être fixée sur bande vidéo, cassette ou disque. En vidéo, le tournage et l’enregistrement se font ensemble; contrairement au cinéma, aucun laboratoire n’est requis pour le développement de l’image ou du son. La vidéo est un format autonome parce que relativement facile et économique à produire. La vidéo a fait basculer l’importance et la présence matérielle du studio de cinéma, cet empire de l’enregistrement sur celluloïd qui exerçait également une emprise sur la distribution en salles. La vidéo a pour ainsi dire soustrait les idées et la production d’images des mains d’un petit groupe puissant pour les rendreà l’individu.

L’accès à l’équipement et au contrôle de la production a donné lieu à un nouveau potentiel égalitaire. Les enjeux abordés par les pratiques d’art vidéo sont une manifestation de ce glissement, ce que reflètent les thèmes de l’exposition en ligne L’art vidéo au Canada. À partir des studios de cinéma et des chaînes de télévision monolithiques – jusque dans les années 1970, même les plus grandes villes avaient tout au plus cinq chaînes de télévision, toutes contrôlées par des compagnies (ou l’État) disposant d’énormes investissements en termes d’argent et de ressources humaines –, la vidéo s’est de plus en plus concentrée sur la miniaturisation. Ne dépendant plus de l’enregistrement en studio, toute personne équipée d’une caméra portative peut apporter son outil partout et le dissimuler facilement, dans n’importe quelle manifestation politique, au cinéma ou dans un festival de musique, à la maison ou au travail. Un studio de son professionnel et une table de montage complète pour le son et les images peuvent aisément être installés sur un ordinateur portable. Les caméras sur téléphone cellulaire poursuivent cette miniaturisation, offrant toutes les occasions possibles d’être témoin et de recueillir des preuves. Ce tableau est complété par Internet, qui donne de l’information en provenance d’à peu près partout, et ce sans frais. Le piratage est facile; le partage est constant. Les communautés qui s’échangent des fichiers ont pratiquement terminé leur décentralisation, s’étant débarrassé de leur serveur central qui était une cible à repérer et à abattre.

L’image de surveillance et de contrôle de George Orwell, dépeinte avec un troublant réalisme dans 1984, n’était vraie qu’en partie. Oui, les caméras sont partout. Rien n’est caché. Mais, en bout de ligne, le contrôle ne se retrouve pas seulement au sommet, exercé par un « Big Brother » malveillant. De nombreuses personnes disposent maintenant d’outils. La question demeure : qu’en fait-on?